2015 : "Activité physique : lutter contre la sedentarité pour bien vieillir"

    Méthodologie

    17 centres de prévention Bien vieillir Agirc-Arrco, répartis dans toute la France, proposent aux personnes âgées de plus de 50 ans, en situation de fragilité et/ou à la retraite, de réaliser un parcours de prévention.

    Entre le 28 mai et le 7 novembre 2014, l’ensemble des participants aux bilans médico-psycho-sociaux, âgés de 65 ans et plus, a répondu à un auto-questionnaire recueillant des données socio-démographiques, des informations concernant leur activité et les relations avec leur entourage, leur santé et la fréquentation médicale et reprenant les 21 questions qui constituent l’échelle « PASE » de mesure de l’activité physique (indicateur unique global de l’activité physique en fréquence et intensité au cours des sept jours précédents).

    Les personnes ayant obtenu un score PASE ≤ 120 lors de cette visite initiale ont été considérées comme sédentaires.
    Elles se sont vues proposer de participer à un atelier Activité physique (Programme D-marche + séances en salle) d’une durée de trois mois suivi d’une étude d’évaluation de l’impact à court-terme de cet atelier. Elles ont été affectées aléatoirement soit dans le groupe Activité physique, soit dans le groupe témoin et ont bénéficié d’un bilan complémentaire lors de cette visite initiale (mesures cliniques et anthropométriques, test d’instabilité posturale, mesures de la force musculaire et de la douleur ressentie, questionnaire de Spiegel, échelle d’anxiété et de dépression HAD, échelle de stress perçu PSS).

    Les ateliers Activité physique ont été organisés en deux sessions d’une durée de trois mois chacune. Les membres du groupe Activité physique ont participé à la première session, au terme de laquelle ils ont à nouveau renseigné le questionnaire PASE et passé les tests du bilan complémentaire. Les membres du groupe témoin ont débuté la seconde session au moment où le groupe Activité physique terminait la 1ère session, selon un protocole identique.

    Les résultats de l'étude

    Description de l’effectif répondant au questionnaire PASE

    3 586 personnes âgées de 65 ans et plus ont bénéficié d’un bilan médico-psycho-social intégrant le renseignement du questionnaire PASE. 48 % avaient un score ≤ à 120.

    Les facteurs retrouvés indépendamment associés au score PASE sont :

    • socio-démographiques (sexe ou âge)
      Le score PASE est significativement plus faible chez les femmes que chez les hommes et diminue avec l’âge, dans les 2 sexes.
    • liés à l’environnement et à la qualité de l’entourage social
      Ainsi, les scores PASE sont plus faibles chez les personnes vivant en appartement que celles habitant en maison individuelle.
      Ils sont également plus faibles chez les personnes se déclarant plus isolées que chez celles qui sont bien entourées par leur famille et leurs amis
    • liés à l’état de santé
      Des relations indépendantes, donc statistiquement significatives, sont observées entre le score PASE et plusieurs facteurs tels que l’état de santé perçu, la consommation de médicaments, ou encore la fréquence de consultation du médecin traitant. Ainsi, les scores PASE observés chez les personnes consultant fréquemment leur médecin traitant sont moins élevés que ceux observés chez les personnes déclarant un suivi médical moins intensif.

    Impact à court-terme d’un atelier Activité physique chez les sédentaires

    174 personnes ont été incluses dans l’étude, 89 dans le groupe Activité physique et 85 dans le groupe témoin.
    L’augmentation du score PASE est significativement plus importante dans le groupe Activité physique et atteint 25 points en moyenne contre 13 pour le groupe témoin. Cette amélioration du score global est principalement attribuable à une augmentation de la pratique de la marche. Dans une moindre mesure, une évolution légèrement plus favorable du sous-score consacré à la pratique d’activités sportives nécessitant un effort « modéré » est observée.
    En revanche, aucune différence n’a été constatée entre les deux groupes concernant l’évolution des autres mesures cliniques et psychologiques étudiées. En cause, probablement le délai trop court (3 mois) et le fait que cette population était en relative bonne santé.

    Conclusion

    Les résultats de cette étude indiquent que l’activité physique chez les retraités diminue avec l’âge et en fonction de la perception de leurs capacités physiques et de leur état psycho-social. Ces résultats indiquent également que la participation aux ateliers Activité physique, même si elle n’a pas d’impact à court-terme sur les indicateurs de condition physique étudiés ici, a pu permettre aux retraités sédentaires participants d’améliorer leur activité physique déclarée et, en particulier, leur pratique de la marche, premier pas peut-être vers une pratique plus durable des activités physiques et sportives.
    Cette évolution est d’autant plus intéressante du point de vue préventif qu’elle est accessible au plus grand nombre.

    Consulter l’étude : "Activité physique : lutter contre la sédentarité pour bien vieillir »