2014 : "Mémoire : de la plainte à l’oubli, repérer pour mieux accompagner"

    Méthodologie

    Les centres de prévention Bien Vieillir Agirc-Arrco réalisent le repérage des troubles cognitifs légers de la mémoire, l'identification des plaintes isolées et proposent des séances collectives sous forme d’ateliers.

    Cette étude a été réalisée en 2011 auprès d’un échantillon de personnes âgées de plus de 55 ans ayant participé à un parcours de prévention dans 7 centres de prévention Bien Vieillir Agirc-Arrco.

    L’objectif était d'une part de décrire les facteurs associés aux troubles neurocognitifs définis par le résultat au test de Grober & Buschke dans cette population et d'autre part d'évaluer et de comparer la valeur du test des 12 mots et du MoCA (Montréal Cognitive Assement) pour le repérage de ces troubles neurocognitifs en termes de qualité diagnostique.

    Le parcours de prévention associe deux professionnels, un gériatre et un psychologue clinicien au travers de deux consultations d’environ 1 h qui vont évaluer au moyen d’entretiens, d’un examen clinique et de tests tous les facteurs de risque de perte d’autonomie. Les consultations sont complétées par une analyse de la situation sociale et des habitudes de vie de la personne.

    L’analyse épidémiologique des données recueillies sur l’année 2011 au cours de ce parcours de prévention a été effectuée à partir de l’outil commun de recueil des données.

    Cette analyse a porté également sur les scores des tests du « 12 mots » et du« MoCA » répartis de manière aléatoire entre les 972 personnes ayant participé à l’étude. Ces scores ont ensuite été croisés avec les résultats des évaluations neuropsychologiques effectuées secondairement dans le cadre du parcours de prévention. 

    Les résultats de l'étude

    Cette étude montre qu’il existe une proportion (14,7 %) de troubles cognitifs repérés parmi une population de retraités en bonne santé apparente et se rendant volontairement dans les centres de prévention Bien Vieillir, proportion semblable à celle connue en population générale.

    Afin de repérer les troubles cognitifs légers (et non de dépister une démence débutante) le 12 mots au seuil relevé à 8 semble avoir une légère supériorité sur le MoCA en capacité de filtrage et présente un meilleur équilibre entre sa sensibilité et sa spécificité.

    De plus, cette étude met en évidence également des facteurs de risques associés prépondérants tels que l’âge, le déficit de relations sociales, les difficultés financières, l’absence ou la faiblesse d'activités culturelles, les états anxio-dépressifs eux-mêmes liés à des conditions de vie et un état de santé fragilisés.

    Cette étude inclut un croisement des regards professionnels (gériatres, psychologues et travailleurs sociaux), un suivi et la mise en place d’outils de prévention tels que les ateliers mémoire, l’accompagnement vers une reprise du lien social, l’amélioration des conditions de vie et en particulier du logement, afin d’éviter une décompensation et l’entrée dans la fragilité pour les personnes présentant un risque de troubles cognitifs.

    Conclusion

    Dans une population de retraités en bonne santé apparente, cette étude révèle une prévalence significative des troubles cognitifs légers repérés.

    Il semble utile de disposer de tests suffisamment fiables pour cibler une population à risque qui pourra ainsi bénéficier d’explorations plus détaillées. Validés en population générale, ces tests de « repérage » pourraient être des outils précieux pour les médecins généralistes, en particulier pour leur simplicité et rapidité d’exécution (10 mn en moyenne).

    Loin de la stigmatisation ou de la frayeur de l’avenir, tout l’intérêt du repérage précoce de ces troubles réside dans :

    Pour les personnes ne présentant qu'une plainte mnésique :

    • l’accompagnement pluridisciplinaire qui permet la réassurance, l’estime de soi, l’écoute et la réflexion sur le projet de vie de chacun et l’établissement de nouveaux liens sociaux ;
    • la modification des comportements soutenue par l’offre d’ateliers mémoire ;

    Et pour les personnes en situation de risque de troubles cognitifs légers :

    • l’orientation vers un suivi médico-psychologique spécialisé et une meilleure prise en charge de ces facteurs de risque ;
    • le soutien, enfin, des familles, et notamment des aidants : information et orientation vers les groupes de parole, solutions et plateformes de répit, mais aussi bilans de prévention spécifiquement dédiés aux aidants.

    Consulter l’étude "Mémoire : de la plainte à l’oubli, repérer pour mieux accompagner"