2010 : "Bien vieillir : évaluation et perception de l’avancée en âge des personnes accueillies dans les centres de prévention"

    Méthodologie

    L’étude a porté sur 4 163 personnes âgées de 55 ans et plus, accueillies dans 6 centres de prévention (Lyon, Paris, Marseille, Rouen, Toulouse, Troyes) entre octobre 2008 et septembre 2009 pour un bilan médico-psycho-social.

    Les caractéristiques de ces personnes ont d’abord été étudiées à partir de cinq types de données :

    • des données socio-démographiques : âge, milieu urbain ou rural, situation familiale, situation professionnelle, CSP, niveau de ressources financières ;
    • des données concernant l’état de santé : état de santé ressenti, fréquence du suivi médical par le médecin généraliste, tabagisme, chutes éventuelles ;
    • des données concernant l’état de santé psychique et cognitif : difficultés familiales, dépression, prise de médicaments neuro-psychiques, difficultés mnésiques, troubles du sommeil ;
    • des données concernant l’activité et le réseau social : pratique d’une activité physique ou sportive, pratique d’activités culturelles ou intellectuelles, implication dans des activités sociales ou associatives, étendue et diversité du réseau social (famille, amis, associations).

    Chaque personne a par ailleurs répondu à un questionnaire proposant 16 composantes potentielles du bon vieillissement, par exemple : ne pas être malade, ne pas avoir de douleur, ne pas être une charge pour les siens, être utile aux autres, etc.

    Les personnes pouvaient répondre « oui », « non » ou « sans opinion », selon qu’elles estimaient la composante importante ou non pour la qualité du vieillissement. Elles avaient ensuite à classer ces composantes par ordre de priorité. Enfin, elles devaient évaluer la qualité de leur propre vieillissement sur une échelle de 1 à 10 (10 pour un bon vieillissement).

    Les résultats de l'étude

    Parmi les 16 critères proposés par le questionnaire « Bien vieillir », quatre ressortent comme prédominants pour réussir son vieillissement :

    • ne pas être malade, cité comme critère premier pour une vieillesse réussie par 27 % des personnes interrogées et classé parmi les trois critères principaux par 51 % des personnes ;
    • ne pas être gêné au quotidien pour ses activités, cité comme critère premier par 24 % des personnes interrogées et classé parmi les trois critères principaux par 41 % des personnes ;
    • ne pas être une charge pour les siens, cité comme critère premier par 19 % des personnes interrogées et classé parmi les trois critères principaux par 49 % des personnes ;
    • ne pas avoir de problème de sommeil, cité comme critère premier par 10 % des personnes interrogées et classé parmi les trois critères principaux par 31 % des personnes.

    Conclusion

    En croisant les données objectives des bilans individuels avec le ressenti, les résultats de l’étude « Bien vieillir » suggèrent que le sentiment de bien vieillir dépend à la fois :

    • de paramètres socio-démographiques : il diminue avec l’âge et chez les personnes aux faibles ressources ; il est  plus répandu chez les cadres que dans les autres CSP,
    • de l’état de santé : il est beaucoup moins répandu  chez les personnes qui  s’estiment en mauvaise santé ou pour lesquelles le suivi médical est intense,
    • de l’état psychologique et de la stimulation cognitive : il est moins fréquent chez les personnes dépressives, souffrant de troubles du sommeil ou prenant des psychotropes ; il est plus fréquent chez les personnes qui conservent une activité intellectuelle ou culturelle,
    • de l’implication et de la stimulation sociale : il est beaucoup plus fréquent chez les personnes dont le réseau social est étendu et diversifié que chez les personnes isolées.

    L’étude Bien vieillir 2009 a permis de mettre en évidence les critères du Bien vieillir ainsi que les facteurs intervenant sur le ressenti du vieillissement, mais aussi leur influence réciproque.

    L’âge et les ressources ne constituent pas des leviers modifiables par la prévention. Mais l’état de santé (la diminution de la morbidité), l’état psychologique et cognitif, de même que l’implication sociale caractérisent les domaines cibles dans lesquels une action de prévention et de modification de l’état ou du comportement aura un impact positif sur le ressenti du vieillissement.

    Consulter l’étude