Accompagner le grand âge en perte d’autonomie

    Les enjeux

    Face à l’allongement de la durée de la vie et au poids démographique croissant des plus de 85 ans (et de l’estimation des besoins associés), l’Agirc et l’Arrco affirment leur volonté d’accompagner  le grand âge en perte d’autonomie.
    Certes, la perte d’autonomie peut être retardée grâce aux progrès résultant  de la prévention et de la gestion des troubles fonctionnels et se limiter alors en termes d’incapacité ou de dépendance.
    Toutefois, rester à domicile avec l’avancée en âge est le souhait exprimé par la majorité de la population. Cette solution rencontre souvent des difficultés de mise en pratique, par manque d’alternatives structurées répondant à des besoins temporaires. La logique se résume alors au : tout domicile ou tout établissement.

    Pourtant d’autres solutions sont parfaitement envisageables mais se heurtent à deux types de difficultés : faire émerger des actions innovantes et durables en adéquation avec les besoins et organiser leur financement.

    En établissement, tout comme à domicile, certaines situations sont banalisées bien qu’elles génèrent de réelles difficultés de vie pour la population fragilisée ou en perte d’autonomie. Il en est ainsi par exemple des troubles sensoriels, de l’état de santé buccodentaire, de la perte de lien social ou encore de la sédentarité. Ces sujets, perçus comme secondaires, avec une certaine fatalité, représentent autant de voie pour l’amélioration de la vie quotidienne ou l’accompagnement de la perte d’autonomie à domicile ou en établissement.

    Les régimes de retraite complémentaire ont historiquement développé une expertise, dans le cadre de la mission Ecoute, Conseil, Orientation (ECO), pour accompagner les personnes âgées à leur domicile ou, le cas échéant, pour rechercher un établissement. Plusieurs prestations ont ainsi été déjà expérimentées, puis déployées, en veillant à une coordination avec les régimes de base : Aide à domicile momentanée et Bien chez moi.
    Cet accompagnement s’est aussi traduit par un important renforcement de la politique partenariale notamment au travers des droits réservataires dans les établissements (24 000 places au 31 décembre 2013), mais également, avec les bailleurs sociaux, pour contribuer à l’émergence de logements adaptés ou adaptables pour l’avancée en âge.

    Le parc de 67 établissements, dont les régimes sont propriétaires et pour la plupart gestionnaires, a fait l’objet d’orientations stratégiques définies au travers d’un plan dédié. L’intégration d’axes qualitatifs (pour une meilleure prise en compte des déficiences sensorielles, déficits cognitifs…), la structuration professionnalisée et l’offre diversifiée et modulable ont eu des retombées significatives sur les conditions de vie des résidents et l’exercice des professionnels.

    A domicile ou en établissement, l’Agirc et l’Arrco souhaitent optimiser les solutions d’accueil permanent ou temporaire grâce à des réponses mutualisées et le développement de partenariats. 

    Les axes stratégiques

    • En complémentarité du partenariat avec les autres régimes de retraite, proposer des solutions adaptées à la personne dans son lieu de vie ordinaire ;
    • Soutenir l’émergence de nouvelles solutions d’hébergement ;
    • Renforcer la mission ECO Hébergement et consolider les partenariats nécessaires à cette mission ;
    • Pour le parc propriété, en fonction de l’évaluation du plan médico-social et sanitaire, définir les axes qualitatifs et les conditions d’optimisation à mettre en œuvre.

    Deux types d'action mises en oeuvre

    Les actions communes à toutes les caisses de retraite Agirc et Arrco (encore appelées socle commun) :

     

    • Structurer le déploiement des prestations modélisées (Aide à domicile momentanée, Bien chez moi…) et organiser la complémentarité avec les autres régimes ;
    • Démontrer l’apport d’un habitat bienveillant et économe adapté au vieillissement de la population et déployer des partenariats dans le cadre de la prestation « Logement adapté » ;
    • Développer et structurer le service ECO Hébergement ;
    • Stabiliser le nombre des droits réservataires au niveau global (en pourcentage de la population de 75 ans) constaté au 31 décembre 2012 et assurer une répartition géographique cohérente intra-régime et en partenariat avec les Marpa (convention MSA) ;
    • Maintenir et développer les actions qualitatives d’accompagnement (dans toutes leurs dimensions) au sein des établissements du Parc Agirc-Arrco et créer les conditions d’un essaimage des pratiques ;
    • Définir les conditions d’évolution et d’optimisation du Parc Agirc-Arrco à partir de l’évaluation du plan médico-social et sanitaire.

     

    Les actions spécifiques menées par les caisses de retraite concourant à la mise en œuvre des axes stratégiques.